• Accueil
  •   >  Actualités
  •   >  Heures de nuit transport routier : le guide de paie
sept 2026

Heures de nuit transport routier : le guide de paie

Heures de nuit transport routier : le guide de paie

Dans le transport routier de marchandises, le travail de nuit est une pratique très fréquente, mais réglementée. Une mauvaise application de la convention collective vous expose à des rappels de salaire et à des risques lors d'un contrôle URSSAF. Nous vous présentons les règles clés pour sécuriser les bulletins de paie de votre entreprise de transport routier de marchandises.

------------------

Quelle période de travail est considérée comme du travail de nuit ?

L'accord du 14 novembre 2001, annexé à la Convention collective du transport routier, fixe la plage du travail de nuit entre 21 heures et 6 heures. Cette plage horaire est appelée période nocturne. Vous devez verser une prime de nuit dès la première heure travaillée dans ce créneau. Cette indemnisation s'applique à tous vos salariés, même si leur travail de nuit reste occasionnel.

Un salarié réalisant des heures de nuit est-il obligatoirement travailleur de nuit ?

Non, les définitions du travailleur de nuit sont les suivantes :

1. Un conducteur est travailleur de nuit lorsqu'il :

  • accomplit au moins 3 heures de travail de nuit par jour, au minimum deux fois par semaine ;

    ou bien
  • totalise au moins 270 heures de travail de nuit sur 12 mois consécutifs.

Attention, concernant la définition de travailleur de nuit applicable aux conducteurs, la période nocturne retenue débute à 22 heures et se termine à 5 heures.


2. Un salarié sédentaire est travailleur de nuit lorsqu'il :

  • accomplit au moins 3 heures de travail de nuit par jour, au minimum deux fois par semaine ;

    ou bien
  • totalise au moins 270 heures de travail de nuit sur 12 mois consécutifs.

Concernant la définition de travailleur de nuit applicable aux salariés sédentaires, la période nocturne retenue débute à 21 heures et se termine à 6 heures.


Le seuil de 270 heures est le seuil par défaut fixé par le code du travail. Il s'applique en l'absence de convention ou d'accord collectif étendu prévoyant un nombre d'heures différent. Ce statut de travailleur de nuit déclenche des garanties d'organisation, un suivi médical renforcé, des priorités d'affectation à des postes de jour, des durées de travail spécifiques.

Comment sont payées les heures de nuit dans le secteur du transport ?

Chaque heure travaillée entre 21 heures et 6 heures et conformément aux instructions de l'employeur ouvre droit à une prime horaire. Cette prime horaire est égale à 20 % du taux horaire conventionnel à l'embauche applicable au coefficient 150 M, quels que soient le coefficient, l'ancienneté et le salaire de base du salarié. Si vous calculiez cette prime sur le taux horaire effectif du salarié plutôt que sur ce coefficient, vous obtiendriez un montant différent de celui prévu par la convention.

Ce taux constitue un plancher (une référence) fixé par la convention collective.

Les salariés qui accomplissent au cours d'un mois et conformément aux instructions de leur employeur, au moins 50 heures de travail entre 21 heures et 6 heures, bénéficient, en complément de la prime horaire, d'un repos d'une durée égale à 5 % de la totalité des heures de nuit travaillées au cours du mois.

Cette compensation en repos peut être transformée en compensation pécuniaire, si aucun accord d'entreprise ou aucun accord avec les représentants du personnel (dans les entreprises dépourvues de délégués syndicaux) n'est intervenu.

Dans les entreprises dépourvues tant de délégués syndicaux que de représentants du personnel, les conducteurs bénéficient d'une compensation pécuniaire qui se substitue à la compensation sous forme de repos.

Attention, pour les salariés sédentaires répondant à la définition du travailleur de nuit, cette compensation en repos ne peut en aucun cas être remplacée par une compensation pécuniaire. De plus, pour les salariés sédentaires répondant à la définition du travailleur de nuit, cette compensation en repos s'applique à la totalité des heures de nuit, même si toutefois le nombre d'heures de nuit réalisées au cours du mois est inférieur à 50 heures.

Doit-on cumuler la majoration de nuit avec d'autres primes de nuit instaurées par l’entreprise ?

La convention collective du transport routier pose une règle de non cumul. La compensation pour travail de nuit ne s'ajoute pas à une autre indemnité, prime ou majoration de taux horaire versée dans l'entreprise, au titre du même travail de nuit. Si votre entreprise verse déjà une prime de nuit contractuelle à ses conducteurs, la prime conventionnelle prévue par la convention collective pour les mêmes heures ne s'y ajoute pas. Seule la plus favorable au salarié s'applique.

Si le paramétrage de ces règles pour vos profils conducteurs ou sédentaires demande un soutien dédié, notre accompagnement semi-autonome associe l'accès à notre logiciel de paie à un paramétrage sur-mesure et un gestionnaire de paie attitré pour simplifier votre processus.

Quelles sont les conséquences des heures de nuit sur les heures supplémentaires ?

La prime de nuit s'intègre à la base de calcul de la majoration pour heures supplémentaires. Attention : cette règle ne concerne que les heures supplémentaires au sens strict, et par conséquent, n'impacte pas les heures d'équivalence.

Pour vos conducteurs grands routiers (longue distance) :

  • De la 153ème à la 186ème heure mensuelle : ce sont des heures d'équivalence (majorées de 25 %). La prime de nuit n'a aucun impact

  • Au-delà de la 186ème mensuelle : ce sont de véritables heures supplémentaires (majorées de 50 %). La prime de nuit impacte le calcul de la majoration pour heures supplémentaires


Pour vos conducteurs régionaux (zone courte) :

  • De la 153ème à la 169ème heure : ce sont des heures d'équivalence (majorées de 25 %). La prime de nuit n'a aucun impact

  • De la 170ème heure à la 186ème heure mensuelle : ce sont de véritables heures supplémentaires (majorées de 25 %). La prime de nuit impacte le calcul de la majoration pour heures supplémentaires.

  • Au-delà de la 186ème mensuelle : ce sont de véritables heures supplémentaires (majorées de 50 %). La prime de nuit impacte le calcul de la majoration pour heures supplémentaire


Pour vos conducteurs de messagerie :

  • De la 153ème à la 186ème heure mensuelle : ce sont de véritables heures supplémentaires (majorées de 25 %). La prime de nuit impacte le calcul de la majoration pour heures supplémentaires

  • Au-delà de la 186ème mensuelle : ce sont de véritables heures supplémentaires (majorées de 50 %). La prime de nuit impacte le calcul de la majoration pour heures supplémentaires


Exemple :

Un conducteur bénéficiant d'un taux horaire s'élevant à 13,50 € et d'une prime de nuit s'élevant à 125 €.

Calcul de la majoration pour heure supplémentaire : 13,50 € + (125 € / 152 H) = 14,32 €. Les heures supplémentaires seront rémunérées sur la base de ce taux horaire s'élevant à 14,32 €. On parle ici plus couramment du calcul du taux horaire corrigé.

Concrètement :

  • Les heures supplémentaires à 125 % seront rémunérées au taux de 17,90 € (14,32 X 1,25)
  • Les heures supplémentaires à 150 % seront rémunérées au taux de 21,48 € (14,32 X 1,50)
  • Quant aux heures d'équivalence, elles seront rémunérées au taux de 16,875 € (13,50 X 1,25)

Quelles sont les conséquences des heures de nuit sur la durée du travail ?

Pour les conducteurs :

  • Répondant à la définition de travailleur de nuit : 10 H par jour maximum

  • Ne répondant pas à la définition de travailleur de nuit mais appelés à travailler dans l'intervalle compris entre 24 H et 5 H : 10 H par jour maximum


Pour les sédentaires :

  • Répondant à la définition de travailleur de nuit : 8 H par jour maximum et 40 H par semaine en moyenne (moyenne calculée sur 12 semaines consécutives)

  • Ne répondant pas à la définition de travailleur de nuit : 10 H par jour maximum, 48 H par semaine isolée maximum et 44 H par semaine en moyenne (moyenne calculée sur 12 semaines consécutives)

Que doit indiquer votre bulletin de paie sur les heures de nuit ?

Lorsque la compensation prend la forme d'une prime salariale, elle doit figurer sur une ligne distincte du bulletin de paie. Cette ligne indique le nombre d'heures de nuit effectuées et le taux appliqué. La Cour de cassation est allée plus loin : l'absence de cette mention vaut présomption de non-paiement de la prime, même si la rémunération globale du conducteur dépasse le minimum conventionnel.

C'est alors à vous, employeur, d'apporter la preuve du paiement effectif. Le seul niveau du salaire versé n'est pas une preuve suffisante.

Quelles sont les conséquences des heures de nuit sur la pénibilité ?

Les salariés effectuant plus de 100 nuits par an (au minimum 1H de nuit par jour) acquièrent des points de pénibilité.

Comment CRESUS Edition sécurise la paie de vos conducteurs de nuit

L'intégration des heures de nuit sur les bulletins de vos salariés exige de la rigueur, de la précision et un logiciel de paie adapté au transport routier.

Nous mettons à disposition notre logiciel Cresus Transport Paye et SILAE, accessible directement sur navigateur. Vos spécificités sont directement paramétrées, pour que notre outil sur-mesure soit adapté à vos besoins. De plus, une technicienne de paie sera attribuée à votre dossier pour vous aider en cas de besoin.